Après avoir plongé à l’Aquarium, nous partons ce matin-là pour explorer une nouvelle portion du lagon rodriguais. Nous commençons à nous imprégner de la douceur de vivre à la rodriguaise, le soleil est devenu notre réveil matinal, notre journée s’aménage selon la marée… Ici on se sent forcément plus en adéquation avec la nature. La montre que nous regardons deux cent fois par jour dans notre vie à l’européenne, n’a ici plus aucun intérêt…
Nous retrouvons Jacky qui arrive toujours aussi dépité de voir ce que la météo nous réserve. Toujours aucune chance de sortir du lagon. Nous allons donc faire la deuxième plongée non loin de l’Aquarium, la passe Saint-François. Et autant dire qu’elle n’a rien avoir avec la première…
Steddy navigue au-dessus du lagon, et nous emmène tranquillement vers notre destination. Pendant ce temps Jacky nous explique qu’ « il va y avoir du sport » ! Vu les conditions, ça va remuer dans la passe. Il en profite pour faire passer quelques messages de sécurité. A l’Aquarium (7m de fond), il disait d’ailleurs: « Tu as le droit d’avoir un problème sous l’eau. Si c’est le cas et que tu remontes, il y a une chose que tu n’as pas le droit d’oublier, penses à expirer. Il vaut mieux expirer dans l’eau d’ici, que dans l’au-delà ! »
Confortablement installé dans le king-size de la suite privée du Cotton Bay, qui nous a été offerte pour notre premier jour, j’aperçois le soleil percer au travers des rideaux de la baie vitrée face au lagon. Quoi ??? Déjà ??? Et le réveil, il a pas sonné ??? Mes réflexes marseillais sont toujours là… Jusqu’au moment où prenant mon téléphone en main, je m’aperçois qu’il n’est que 06h20 ! Si tôt, et le soleil semble déjà briller haut dans le ciel. C’est incroyable, ici, notre étoile préférée donne l’impression de faire un bond en plein ciel chaque matin !
Me voici donc déjà quelques minutes après, à m’étirer sur la terrasse de la case, à quelques mètres du lagon. Seule une bande de sable blanc et d’herbes rampantes nous sépare… Le ventre rempli, après le petit déjeuner au restaurant de l’hôtel, nous avons rendez-vous avec Jacky pour notre première plongée. C’est avec la mine basse, que ce pionnier de la plongée rodriguaise nous fait part des mauvaises conditions. Le vent souffle depuis plusieurs jours déjà, des vagues de 3m s’abattent sur le platier, ça va bouger, la visibilité ne sera pas au top, Jacky n’est pas du style à vous faire espérer pour rien. Il connaît si bien « son île » qu’il n’a pas besoin d’attendre d ‘être à l’eau pour vous prévenir. Et c’est pour lui un vrai calvaire. Il aime tellement Rodrigues et ses plongées, que de ne pas pouvoir vous montrer les meilleures est un vrai crève-coeur.
Pour le moment, impossible de sortir du lagon, et il n’y a guère à espérer pour les jours qui suivent. Il faut dire que l’hiver est sur le point de s’installer. Le mois de mai est une période charnière et il faut s’attendre à toutes les conditions. En juillet et Aout, le centre est fermée. La meilleure période se situe entre octobre et avril.
Nous irons donc plonger dans l’Aquarium, et nous referons d’ailleurs cette plongée à 2 reprises durant cette semaine. Il s’agit d’un bassin naturel au sein de la barrière de corail, profond de 7m maximum, et communiquant vers l’extérieur par un Canyon, qui lui par contre représente une autre plongée, impraticable par ces conditions… à moins de vouloir se prendre des tonnes d’eau en travers du détendeur… Heureusement, ce site est plutôt bien fourni pour un plongeur « bio », avec quelques particularités. Lire la suite »
Que le temps passe vite ! Comme je l’annonçais il y a peu, nous venons de passer une semaine sur l’île Rodrigues, dans l’océan Indien. Une île rattachée à l’île Maurice, mais autonome (enfin… plus ou moins, d’après les dires des rodriguais, le gouvernement doit constamment référer à Maurice pour prendre les décisions… ), mais qui n’a rien à voir avec sa grande soeur très touristique, avec ses grands hôtels de luxe bordant leurs propres plages privées. Ici, la nature garde ses droits. Pas grand chose sur ce rocher volcanique, entourée d’un immense lagon de plus de 2 fois sa taille. Le vert de la végétation se mêle au bleu du ciel tandis que le lagon arbore des couleurs variant du turquoise au vert émeraude selon la nature du fond.
L’île vaut bien le long voyage qu’il nous a fallu accomplir depuis Marseille. En passant par Paris, puis Maurice, il faut compter une journée lorsqu’on arrive à ne pas avoir trop d’attente entre les vols. C’est avec un sac à dos chargé de matériel de photo que je faisais le voyage. Non, le matos photo n’ira pas en soute !!! Il aura évidemment fallu que je le déballe quelques fois en passant les portiques de sécurité… Et pour le coup ça peut être drôle: en partance pour Maurice, la dame en uniforme pointe son doigt vers l’espèce de détonateur rouge estampillé Inon D2000 en me demandant ce que c’est… Lui ayant déjà précisé qu’il s’agissait de matériel de photographie sous-marine, je lui dis « C’est un flash ».
- « Ah… et ça sert à quoi ?
- Ben… comme un flash sur terre… mais dans l’eau…
- Ah… bon… Ok ! » me dit-elle un peu dubitative.
L’arrivée se fait sur une piste miniature, sur lequel l’ATR d’Air Mauritius, un avion à hélice de 72 places, est le seul type d’avion à pouvoir se poser. Les avions à réactions ont besoin d’une piste plus longue. Dès les premiers kilomètres qui nous emmène jusqu’à l’hôtel de l’autre côté de l’île, on se rend bien compte du fossé qui nous sépare, surtout lorsqu’on habite Marseille. Comme on dit ici, les seuls embouteillages se produisent lorsque qu’un bovin ou un chien prend son temps pour traverser la route… Malgré le peu de véhicule, tout le monde roule à faible allure, comme si le temps était insignifiant… pourquoi se presser après tout !
Port-Mathurin
La capitale de Rodrigues, la seule véritable petite ville de l’île… mais attention, il ne faut pas s’attendre à une ville moderne, Port-Mathurin reste une petite bourgade très traditionnelle. L’intérêt principal reste son marché du samedi matin, où la moitié des rodriguais se retrouvent. Même nous, nous croisons déjà des gens que nous connaissons alors que nous sommes ici depuis 3 jours ! L’ambiance est très amicale, tout le monde sourit. Les vendeurs de fruits et légumes discutent, souvent un chapeau de paille traditionnel sur la tête. Vous en trouverez de nombreux modèles ainsi que des sacs et quelques bibelots… Les étals se succèdent, sur lesquels les pots d’Achards déclinés en de multiples recettes s’empilent: coco, limon, ourite, goyave, piment… Il faut choisir, mais c’est pas facile !
Nous quittons le marché pour trouver un peu plus loin, un tournoi de football de rue, sur une place… Le speaker commente les match en direct, alors que des dizaines de gens entourent les terrains.
Dans une autre rue, nous découvrons des grandes enseignes de surf: Billabong, Quiksilver… plutôt étonnant à première vue, mais Rodrigues est une destination de choix pour le Kitesurf pendant la saison hivernale. Un lagon immense profond d’à peine plus d’un mètre, et du vent constant rendent les conditions idéales. Lire la suite »
Et voilà ! Je le préparais depuis plusieurs mois… nous vous l’annoncions dans Chercheurs d’Eau, sur Scuba People, et ici… le premier Weekend « bio » (Rdv de Chercheurs d’Eau) s’est déroulé hier et avant-hier sur les sites annoncés de La Ciotat et de la Côte-Bleue. Nous étions une bonne vingtaine, pour la plupart venus de la région lyonnaise, profiter des charmes et du soleil de Marseille… et c’est là que le bât blesse : le soleil à Marseille, c’est dans les livres d’histoire, lorsque le changement climatique commençait à peine à effleurer les consciences ! Mais aujourd’hui tout cela a bien changé… la région s’est transformée, tantôt en Bretagne humide où la pluie ne cesse de tomber doucement pendant des heures, tantôt en île tropicale où des trombes d’eau s’abattent sur nous en quelques dizaines de minutes. Pour ce premier matin, nous avons eu un mix des deux, avec quelques gouttes pour nous accueillir, et un déluge pour la fin de la plongée…
Bref, nous nous retrouvions comme prévu, à 10h00 sur le parking de Figuerolles… bien qu’un peu éloigné de Carry où nous passerons le reste du weekend, j’ai tenu à faire connaître ce site à nos chers plongeurs d’Isère (pour la plupart). Nous sommes ici pour plonger et observer la vie, et dans cette calanques, une fantastique faille abrite monts et merveilles !
Après les croissants et le café, avortés surtout à cause de la pluie, nous nous préparons après un topo briefing du site. Plusieurs photographes emmènent leur matériel à l’eau pour nous ramener de belles images. Nous formons plusieurs palanquées dans lesquelles je basculerai une fois sous l’eau pour montrer les particularités du site, pendant que Fafa s’acharne sur ses deux élèves, Claire et Richard, en formation N2.
Une fois dans la faille, avec une visibilité relativement bonne, nous observerons divers organismes dont le fameux corail rouge… et une très belle cigale de mer, qu’à priori je serai le seul à ne pas voir, tout le monde ayant penser que je l’avais vu !!! Et non, j’étais trop occupé à vous chercher d’autres bestioles… Lire la suite »
Comme je vous l’annonçais dans le 100ème article de ce blog, nous allons avoir le privilège de profiter dans quelques jours, des eaux chaudes de Rodrigues ! Rodrigues, c’est une petite île plantée dans l’océan Indien, rattachée à l’île Maurice située à 650 km plus à l’ouest. Avec la Réunion, les 3 îles sont les principales de l’archipel africain appelé « Mascareignes ».
Beaucoup moins touristique que l’île Maurice, l’île est beaucoup plus sauvage. Plus de deux fois plus petite que Marseille, elle est entourée d’un lagon qui fait deux fois sa taille.
Nous logerons au Cotton Bay, sur la côte Est… et nous plongerons avec Jacky qui tient le club de l’hôtel, le Cotton Dive Center. Paraît-il que c’est un sacré personnage ! Il vous invite d’ailleurs à partager ses plongées rodrigaises.
Si vous voulez en savoir plus sur cette destination, visitez le site www.ile-rodrigues.fr
Ce matin nous partons sous les nuages pour une petite plongée traditionnelle du dimanche, à Figuerolles avec Marco. Mais aujourd’hui nous serons un peu plus nombreux avec Alain et Martin (des GEMistes !). Nous partirons cette fois du côté gauche de la calanques…
A peine quelques marches ont défilé sous nos pieds que les premières gouttes arrivent pour nous mouiller avant d’être à l’eau … mais rien de désagréable puisque la température est désormais très bonne. Fini le froid de l’hiver qui semblait ne pas vouloir nous quitter il y a encore peu de temps !
Nous visitons les parois tantôt éclairées et recouvertes d’algues vertes où les labres font leur nid, pendant qu’une multitude de blennies les observent… tantôt sombres lorsque des cavités rocheuses s’ouvrent à nous, laissant exploser les couleurs dans le faisceau du phare. Une petite langouste privée de ses deux antennes se protègent au fond de son trou… Sur les éponges Cacospongia aux allures lunaires, parsemées de cratères, les doris célestes semblent s’être en « arrêt sur image ».
En fin de plongée, je trouverais sur mon chemin un seiche d’assez grande taille, assez farouche, avant d’en trouver une deuxième plus petite, mais bien plus curieuse… elle s’approchera jusqu’à quelques centimètres de mon objectif…
Retour à l’eau ce matin, déjà… il faut dire que je suis resté 2 mois sans appareil photo, période pendant laquelle j’ai peu plonger. Mais je rattrape le temps perdu puisque j’en suis à ma septième en quinze jours .
Et pour aujourd’hui, un peu de changement… j’ai rendez-vous à Callelongue où j’arrive un peu après 9 heures. Me voici aux portes des Calanques de Marseille, d’où j’aperçois le magnifique archipel de Riou qui se dessine au large. Et je retrouve François Scorsonelli (Chanabou pour les amis ), bien connu dans le monde de la plongée, en particuliers chez les photographes… Vous découvrirez certaines de ses plus belles images sur son site web www.chanabou.com
C’est donc un guide de choix qui m’emmène sur son terrain de jeu à la découverte de cette calanque du bout de Marseille… nous nous immergeons dans le petit port et longeons la falaise en direction d’une zone de sable. En bordure de cette zone, une gorgone blanche attire l’oeil de François, qui après observation me fait un signe … 1…. et même 2 ! 2 petites porcelaines, des simnies blanches sont présentes sur la gorgone. Celles-ci se nourrissent des polypes. Pendant qu’il les photographie, je jette un coup d’oeil sur une deuxième gorgones à quelques mètres de là… et hop ! … en voilà deux de plus
Nous entamons alors le sable dans lequel nous trouverons cette fameuse ancre dont j’ai souvent entendu parler. Il est parfois possible d’y voire une ponte de calamar fixée dessus… ce n’est pas le cas maintenant. Je m’apprête alors à faire quelques images de l’ancre en métal, concrétionnée d’algues encroutantes, éponges, et autres organismes, quand je vois Chanabou me faire des grands signes en direction du haut de l’ancre… j’aperçois alors pour la première fois, une galinette camouflée au milieu des algues. Ce poisson bien connu à Marseille pour participer à l’élaboration de la Bouillabaisse, qui affectionne les fonds sableux, s’est fait plutôt rare. Mauvaise nageuse, elle possède des rayons de nageoires pectorales qui se sont différenciés en organes de locomotion. Il est alors amusant de la voir marcher sur le sable.
Nous quittons la zone sableuse, où nous survolerons les empreintes laissées par les étoiles de mer peigne, que nous reviendrons peut-être voir de nuit… Sur le chemin du retour, nous nous arrêterons sur plusieurs blocs rocheux, colonisées par de nombreuses blennies. Je trouverai aussi non loin de là, une ponte de calamar enfouie dans une cavité.
Nous refaisons surface, pendant que d’autres plongeurs s’apprêtent à s’immerger… les collines réapparaissent, nos magnifiques collines marseillaises…
Mercredi dernier, me voici reparti à Sausset-les-Pins… oui je sais, certains diront que je ne fais que plonger aux Jardins… c’est pas faux ! LOL… mais il y a une raison à celà, voire deux ! La première, c’est que j’arrêterai peut-être lorsque je saurai que j’y ai tout vu ! Ce qui est loin d’être le cas… puisque à chaque nouvelle plongée sur les lieux, j’y fais de nouvelles rencontres. Quelques jours auparavant, j’y ai vu un beau Denti chasser au milieu d’un banc de sars à tête noire. C’est la première fois que j’en voyais un ici… en général les dentis se rencontrent un peu plus profond, aux alentours des 20-25m… là j’étais à 14m. La deuxième raison, c’est que je me fais la main avec ce nouveau matériel, je dois être au point pour Rodrigues… dont je préfère pratiquer sur un endroit que je connais bien, surtout quand je suis seul.
Je vous racontais il y a peu, mes rencontres avec 6 espèces de limaces en deux plongées… et bien je peux maintenant rajouter les thuridilles ! Je n’en avait encore jamais vu bizarrement… pourtant je cherche. Et bien voici que j’en trouverai 3 ce jour-là !
Mon équipement y est certainement pour beaucoup… ces derniers temps, j’ai la chance de disposer d’un phare de plongée performant, envoyé par Sub Eclair pour un test. Il est beaucoup plus facile de trouver ces petites bêtes avec un bon éclairage qui permet de révéler leurs couleurs éclatantes !
J’ai eu l’occasion également de partager un bon moment avec un poulpe bien curieux… mais ce qui m’a occupé le plus longtemps sous la surface, c’est lorsque je suis tombé sur un crénilabre mâle en pleine confection de son nid… où viendront pondre des femelles. Je restais immobile devant lui, l’appareil photo paré en position « film HD »… et me voici à chercher le meilleur plan pour vous restituer la scène ! Étonnant de le voir faire les aller-retours entre son nid et une grosse touffe d’algues qu’il met en morceaux avec sa bouche.