Lors de mon récent passage sur l’île Rodrigues, nous avons essayé de visiter tout ce que nous pouvions pendant cette semaine trop courte. Oui, c’est toujours trop court les semaines quand on est sur une île tropicale… Réserve des tortues géantes et ses grottes, Port-Mathurin et son marché du samedi matin, St-François, Trou d’argent… à pied ou en scooter, nous avons fait le tour de l’île. Avec nos plongées le matin, les journées furent bien remplies. Entre temps, la météo a fait des siennes.
Mais voilà : au pied de notre plage… un lagon ! Impossible de ne pas aller explorer ce bassin naturellement protégé par la barrière corallienne, très peu profond. Ici, sur la baie de Coton, c’est l’endroit où le lagon est le plus étroit. Les vagues puissantes se brisent à environ 200m de la plage, alors qu’à l’ouest le lagon fait plus de 12km de long !
C’est en snorkeling, de l’eau jusqu’à la taille la plupart du temps, à marée basse (montante de préférence, vous ne risquerez pas de vous faire emporter par le courant, là au pire vous vous échouerez sur la plage !), que j’ai parcouru une bonne partie de la baie de Coton. J’ai d’ailleurs commencé à pied, en inspectant les quelques rochers volcaniques qui barrent la plage en son milieu… juste par curiosité. J’ai eu la surprise d’y découvrir au-dessus de la surface, quelques petits poissons se tortillant sur le basalte mouillé dès mon approche. Des blennies intertidales, qui ont la particularité de pouvoir rester un moment hors de l’eau, se font dorer sous le soleil du matin.
6 Jours que nous sommes sur l’île, perdue dans l’océan Indien, et le vent ne cesse de souffler au large, poussant des murs d’eau par dessus la barrière de corail. De ce côté de l’île, les vagues arrivent de plein fouet, en cette période de transition, l’hiver arrive doucement mais surement. Le mois de mai est une période à laquelle on peut s’attendre à toutes les conditions, aussi bien idéales qu’exécrables. Pour être (presque) sà»r d’avoir de très bonnes conditions, privilégiez les mois d’octobre à avril !
Jacky n’en finit plus de maudire le site météo qui n’annonce rien de bon pour les jours à venir. Et préfère nous conseiller d’aller faire une plongée avec le Benoît du Bouba Diving, l’autre club de l’île. Situé plus au sud, il peut sortir sur des sites plus abrités, et ainsi s’extirper du lagon…
C’est Thierry et Catherine, 2 parisiens, arrivés en même temps que nous, avec qui nous avons plongé, et sympathisé, qui ont eu la gentillesse de nous inscrire la veille chez Benoît. Nous voici donc parti vers la côte sud, où le lagon est beaucoup plus grand. C’est d’ailleurs le terrain de jeu des kite-surfers pendant la période hivernale.
Nous retrouvons Benoît et son équipe (Francis et Drany), au Bouba Diving dans l’enceinte du Mourouk Ebony, un autre grand hôtel de l’île. Les grands hôtels se comptent sur les doigts d’une main à Rodrigues. Espérons que ça dure…
A partir de ce moment-là une véritable expédition s’annonce ! Nous commençons par charger la totalité du matériel dans deux pick-up et embarquons pour une demi-heure de route, direction le sud-ouest. L’occasion de passer sur une partie de l’île que nous n’avions pas encore vu. Quelques maisons surplombent la route et le lagon, devant lesquelles on peut parfois apercevoir les ourites « étendues » au soleil pour sécher. Nous contournons le minuscule aéroport et sa piste « de poche », en empruntant un petit chemin de terre, histoire de se sentir vraiment dans un 4×4, et arrivons près d’un petit camps de pécheurs. C’est là que le bateau nous attend ! Nous nous changeons sur place, et montons à bord de l’embarcation de Benoît.
Après avoir plongé à l’Aquarium, nous partons ce matin-là pour explorer une nouvelle portion du lagon rodriguais. Nous commençons à nous imprégner de la douceur de vivre à la rodriguaise, le soleil est devenu notre réveil matinal, notre journée s’aménage selon la marée… Ici on se sent forcément plus en adéquation avec la nature. La montre que nous regardons deux cent fois par jour dans notre vie à l’européenne, n’a ici plus aucun intérêt…
Nous retrouvons Jacky qui arrive toujours aussi dépité de voir ce que la météo nous réserve. Toujours aucune chance de sortir du lagon. Nous allons donc faire la deuxième plongée non loin de l’Aquarium, la passe Saint-François. Et autant dire qu’elle n’a rien avoir avec la première…
Steddy navigue au-dessus du lagon, et nous emmène tranquillement vers notre destination. Pendant ce temps Jacky nous explique qu’ « il va y avoir du sport » ! Vu les conditions, ça va remuer dans la passe. Il en profite pour faire passer quelques messages de sécurité. A l’Aquarium (7m de fond), il disait d’ailleurs: « Tu as le droit d’avoir un problème sous l’eau. Si c’est le cas et que tu remontes, il y a une chose que tu n’as pas le droit d’oublier, penses à expirer. Il vaut mieux expirer dans l’eau d’ici, que dans l’au-delà ! »
Mai 2010
Séjour à Rodrigues, plongée avec Jacky Degrémont du Cotton Bay.
Visite de la Réserve des Tortues géantes.
Marché du samedi matin à Port-Mathurin.
Confortablement installé dans le king-size de la suite privée du Cotton Bay, qui nous a été offerte pour notre premier jour, j’aperçois le soleil percer au travers des rideaux de la baie vitrée face au lagon. Quoi ??? Déjà ??? Et le réveil, il a pas sonné ??? Mes réflexes marseillais sont toujours là … Jusqu’au moment où prenant mon téléphone en main, je m’aperçois qu’il n’est que 06h20 ! Si tôt, et le soleil semble déjà briller haut dans le ciel. C’est incroyable, ici, notre étoile préférée donne l’impression de faire un bond en plein ciel chaque matin !
Me voici donc déjà quelques minutes après, à m’étirer sur la terrasse de la case, à quelques mètres du lagon. Seule une bande de sable blanc et d’herbes rampantes nous sépare… Le ventre rempli, après le petit déjeuner au restaurant de l’hôtel, nous avons rendez-vous avec Jacky pour notre première plongée. C’est avec la mine basse, que ce pionnier de la plongée rodriguaise nous fait part des mauvaises conditions. Le vent souffle depuis plusieurs jours déjà , des vagues de 3m s’abattent sur le platier, ça va bouger, la visibilité ne sera pas au top, Jacky n’est pas du style à vous faire espérer pour rien. Il connaît si bien « son île » qu’il n’a pas besoin d’attendre d ‘être à l’eau pour vous prévenir. Et c’est pour lui un vrai calvaire. Il aime tellement Rodrigues et ses plongées, que de ne pas pouvoir vous montrer les meilleures est un vrai crève-coeur.
Pour le moment, impossible de sortir du lagon, et il n’y a guère à espérer pour les jours qui suivent. Il faut dire que l’hiver est sur le point de s’installer. Le mois de mai est une période charnière et il faut s’attendre à toutes les conditions. En juillet et Aout, le centre est fermée. La meilleure période se situe entre octobre et avril.
Nous irons donc plonger dans l’Aquarium, et nous referons d’ailleurs cette plongée à 2 reprises durant cette semaine. Il s’agit d’un bassin naturel au sein de la barrière de corail, profond de 7m maximum, et communiquant vers l’extérieur par un Canyon, qui lui par contre représente une autre plongée, impraticable par ces conditions… à moins de vouloir se prendre des tonnes d’eau en travers du détendeur… Heureusement, ce site est plutôt bien fourni pour un plongeur « bio », avec quelques particularités. Lire la suite »
Que le temps passe vite ! Comme je l’annonçais il y a peu, nous venons de passer une semaine sur l’île Rodrigues, dans l’océan Indien. Une île rattachée à l’île Maurice, mais autonome (enfin… plus ou moins, d’après les dires des rodriguais, le gouvernement doit constamment référer à Maurice pour prendre les décisions… ), mais qui n’a rien à voir avec sa grande soeur très touristique, avec ses grands hôtels de luxe bordant leurs propres plages privées. Ici, la nature garde ses droits. Pas grand chose sur ce rocher volcanique, entourée d’un immense lagon de plus de 2 fois sa taille. Le vert de la végétation se mêle au bleu du ciel tandis que le lagon arbore des couleurs variant du turquoise au vert émeraude selon la nature du fond.
L’île vaut bien le long voyage qu’il nous a fallu accomplir depuis Marseille. En passant par Paris, puis Maurice, il faut compter une journée lorsqu’on arrive à ne pas avoir trop d’attente entre les vols. C’est avec un sac à dos chargé de matériel de photo que je faisais le voyage. Non, le matos photo n’ira pas en soute !!! Il aura évidemment fallu que je le déballe quelques fois en passant les portiques de sécurité… Et pour le coup ça peut être drôle: en partance pour Maurice, la dame en uniforme pointe son doigt vers l’espèce de détonateur rouge estampillé Inon D2000 en me demandant ce que c’est… Lui ayant déjà précisé qu’il s’agissait de matériel de photographie sous-marine, je lui dis « C’est un flash ».
- « Ah… et ça sert à quoi ?
- Ben… comme un flash sur terre… mais dans l’eau…
- Ah… bon… Ok ! » me dit-elle un peu dubitative.
L’arrivée se fait sur une piste miniature, sur lequel l’ATR d’Air Mauritius, un avion à hélice de 72 places, est le seul type d’avion à pouvoir se poser. Les avions à réactions ont besoin d’une piste plus longue. Dès les premiers kilomètres qui nous emmène jusqu’à l’hôtel de l’autre côté de l’île, on se rend bien compte du fossé qui nous sépare, surtout lorsqu’on habite Marseille. Comme on dit ici, les seuls embouteillages se produisent lorsque qu’un bovin ou un chien prend son temps pour traverser la route… Malgré le peu de véhicule, tout le monde roule à faible allure, comme si le temps était insignifiant… pourquoi se presser après tout !
La capitale de Rodrigues, la seule véritable petite ville de l’île… mais attention, il ne faut pas s’attendre à une ville moderne, Port-Mathurin reste une petite bourgade très traditionnelle. L’intérêt principal reste son marché du samedi matin, où la moitié des rodriguais se retrouvent. Même nous, nous croisons déjà des gens que nous connaissons alors que nous sommes ici depuis 3 jours ! L’ambiance est très amicale, tout le monde sourit. Les vendeurs de fruits et légumes discutent, souvent un chapeau de paille traditionnel sur la tête. Vous en trouverez de nombreux modèles ainsi que des sacs et quelques bibelots… Les étals se succèdent, sur lesquels les pots d’Achards déclinés en de multiples recettes s’empilent: coco, limon, ourite, goyave, piment… Il faut choisir, mais c’est pas facile !
Nous quittons le marché pour trouver un peu plus loin, un tournoi de football de rue, sur une place… Le speaker commente les match en direct, alors que des dizaines de gens entourent les terrains.
Dans une autre rue, nous découvrons des grandes enseignes de surf: Billabong, Quiksilver… plutôt étonnant à première vue, mais Rodrigues est une destination de choix pour le Kitesurf pendant la saison hivernale. Un lagon immense profond d’à peine plus d’un mètre, et du vent constant rendent les conditions idéales. Lire la suite »
Comme je vous l’annonçais dans le 100ème article de ce blog, nous allons avoir le privilège de profiter dans quelques jours, des eaux chaudes de Rodrigues ! Rodrigues, c’est une petite île plantée dans l’océan Indien, rattachée à l’île Maurice située à 650 km plus à l’ouest. Avec la Réunion, les 3 îles sont les principales de l’archipel africain appelé « Mascareignes ».
Beaucoup moins touristique que l’île Maurice, l’île est beaucoup plus sauvage. Plus de deux fois plus petite que Marseille, elle est entourée d’un lagon qui fait deux fois sa taille.
Nous logerons au Cotton Bay, sur la côte Est… et nous plongerons avec Jacky qui tient le club de l’hôtel, le Cotton Dive Center. Paraît-il que c’est un sacré personnage ! Il vous invite d’ailleurs à partager ses plongées rodrigaises.
Si vous voulez en savoir plus sur cette destination, visitez le site www.ile-rodrigues.fr
23 juin… 13h30: me voici de nouveau au centre de plongée , pour la dernière aux Perhentian’s. Ces quelques jours où nous avons profité un maximum des fonds marins sont passés à une vitesse incroyable ! Cet après-midi, avec Nadine, nous irons plonger à D-Lagoon, qui se situe juste après la grande plage branchée des Perhentian’s, Long Beach sur Kecil, à environ 5 min de bateau d’ici. C’est une plongée dans peu de fond, 12m maximum. Mais avec une petite particularité…
Je profite donc une dernière fois du plaisir des trajets en mer, en regardant défiler les patates de corail sous le bateau… Quelques minutes plus tard, nous descendons d’abord sur le fond sableux de D-Lagoon. Puis nous empruntons un couloir entre les récifs, qui nous mène sur 12m. Là au milieu de rien, sur le sable, quelques poissons semblent se frotter à une petite boule de corail. Nous nous en approchons et arrivons devant la station de lavage du coin. Nadine pose sa main sur le corail, et est aussitôt prise d’assaut par une demi-douzaine de minuscules crevettes transparentes, qui viennent se nourrir des peaux mortes de mon binôme ! Bon appétit Nous avons droit à une manucure très crustacé ! On sent à peine les minuscules membres articulés qui baladent sur nos doigts. Je pourrai dire que j’ai servi de casse-croute à des crevettes :razz: Lire la suite »