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INSTAQUATIC #09 : les demoiselles qui boostent la photosynthèse des coraux

La demoiselle de Mer Rouge booste la photosynthèse des coraux

Dascyllus marginatus est un petit poisson que l’on appelle “demoiselle de Mer Rouge” et qui vit en symbiose avec le corail Stylophora pistillata (mais également d’autres espèces comme Acropora sp.). Vivant en groupe, ils utilisent les branches du corail comme protection. Ils y trouvent ainsi un excellent abris mais aussi un nid douillet en y déposant également leurs pontes. En retour, ils éliminent les sédiments de la surface du corail ainsi que les déchets organiques. Mais leur relation va bien au-delà de ce que l’on pouvait penser : les demoiselles de Mer Rouge participent à l’augmentation du taux de photosynthèse des coraux (en réalité des algues symbiotiques, appelées zooxanthelles qui vivent à l’intérieur des coraux).

Ce sont des scientifiques de l’Institut Alfred-Wegener en Allemagne qui se sont “amusés” à mesurer les niveaux d’oxygène au niveau des branches des coraux. Dans les mêmes conditions, ils ont ainsi relevé les valeurs dans des bacs en présence ou en absence des poissons. Ainsi, ils ont constaté que les taux de photosynthèse étaient plus élevés au cours de la journée, dans les réservoirs contenant du poisson. Il semble que les battements des nageoires permettent une meilleure circulation de l’eau entre les branches, et éloigneraient les eaux les plus oxygénées. Ainsi, en laboratoire, la présence des poissons a augmenté la photosynthèse de 22 pour cent.

“C’est la première preuve d’effets positifs d’un poisson corallien sur la photosynthèse des coraux”, explique Nur Garcia-Herrera.

La demoiselle de Mer Rouge booste la photosynthèse des coraux

Demoiselle de Mer Rouge (Dascyllus marginatus)

L’effet de “ventilation” des coraux semble être cependant plus réduit dans la nature, car les poissons ne restent qu’environ le tiers de leur temps au milieu des branches de coraux, selon les observations sur le terrain des scientifiques. L’impact est alors évalué à une augmentation du taux de la photosynthèse d’environ 6%.

«De nombreux coraux vivent dans des environnements où les courants sont faibles, la concentration en polluants et les paramètres d’acidification des océans élevés», selon Nur Garcia-Herrera. “Par conséquent, grâce à la ventilation, les poissons aident les coraux à faire face à ces conditions difficiles”.

La ventilation par les poissons pourrait soulager l’accumulation d’eau chaude et l’excès d’oxygène parmi les branches de corail, affirme Sebastian Ferse, collègue de Garcia-Herrera au Centre Leibniz pour la recherche marine tropicale en Allemagne. Cela peut aider à lutter contre le risque de blanchissement associé au réchauffement climatique.

“Un autre point important, c’est qu’il soit possible que les poissons passent moins de temps parmi les branches, si leurs prédateurs se raréfient, dans le cas de récifs surexploités par la pêche”, explique S. Ferse. “Dans ce cas, les demoiselles peuvent passer plus de temps à se nourrir à l’extérieur du corail. La surpêche peut ainsi avoir des effets secondaires négatifs également sur la physiologie des coraux “.

“Tous les types de poissons vivant aux cœurs des récifs ont une fonction”, explique Petar Kruzic à l’Université de Zagreb, en Croatie. “Il est logique que la ventilation induite par ces poissons aide les coraux”. Mais selon lui, l’augmentation des températures et de la pollution de la mer restent les principaux problèmes auxquels sont confrontés les coraux. Et cette nouvelle découverte ne contribue pas à une quelconque avancée afin de les résoudre, bien qu’elle permettent de comprendre encore un peu plus le fonctionnement des récifs coralliens

 

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