Le monde sous-marin, hostile par nature, guide l’évolution des espèces en les modelant souvent de manières surprenantes… Comment faire lorsque l’on est petit et sans défense pour survivre, se nourrir et se reproduire sans risquer sa vie à chaque instant? C’est ainsi qu’au cours des millénaires est né le camouflage et le mimétisme.

Rombou juvénile

Rien de mieux en effet, que de se fondre dans le décor lorsque l’on veut passer inaperçu. D’ailleurs, en plongée, il y a toujours beaucoup plus de monde autour de vous, que vous ne pouvez l’imaginer… et surtout le voir. Méfiez-vous, l’observateur n’est pas toujours celui qui pense l’être ! En cherchant un peu, vous aurez l’occasion d’observer différentes méthodes de camouflage: des espèces ont évolué de manière à ressembler à leur environnement ou même à d’autres êtres vivants.

Par exemple, en méditerranée le gobie moucheté et le gobie à grosse tête se confondent avec le sable ; le gobie paganel, la femelle trypterygion et certaines blennies se perdent au milieu des algues brunes des fonds rocheux ; tandis qu’entre les feuilles de posidonie, se cachent paisiblement le labre vert et le labre merle. C’est ce qu’on appelle l’homochromie simple.

D’autres espèces beaucoup plus exotiques sont d’ailleurs maîtres en la matière, comme l’hippocampe pygmé (Indonésie), et l’hippocampe feuillu (Australie). On peut difficilement trouver mieux en terme de mimétisme visuel car, non seulement ils ont la couleur mais aussi la texture de leur environnement. En Méditerranée, le siphonostome est un bon comédien: il se fond complètement au milieu des feuilles mortes de posidonies auxquelles il ressemble fortement… mais il en imite également le mouvement, comme bercées par les courants !

Des poissons comme les anchois, maquereaux, sardines, thons etc., ont opté pour la méthode de l’ombre inversée: quoi de plus efficace quand on vit en pleine eau, où aucun refuge n’est accessible, de se camoufler dans l’eau ! Vus d’en haut, ils se confondent avec le fond de la mer car la partie supérieure de leur corps est foncée, ce qui leur permet d’échapper plus facilement aux oiseaux marins; vus d’en dessous, leurs écailles claires et argentées se confondent avec les éclats du soleil à la surface.

Enfin, comment ne pas parler de ces animaux «caméléons» qui, à l’aide de cellules de la peau appelées «chromatophores », changent de couleurs, et imitent ainsi volontairement le fond sur lequel ils se posent. Poulpes, seiches, rascasses, soles pour ne citer qu’eux, maîtrisent parfaitement l’homochromie variable. Il est toujours incroyable de voir à quelle vitesse l’animal disparaît dans son environnement. D’ailleurs, quel photographe sous-marin ne s’est jamais retrouvé nez à nez avec une rascasse ? Ne vous est-il jamais arrivé de mettre la main sur une seiche posée sur le sable ? On se fait parfois de petites frayeurs…

Si je devais remettre la palme d’or du mimétisme, ça serait certainement à l’animal fascinant qu’est le poulpe. Bien que commun, il parait jouer de ses dons de magicien, et ne s’arrête pas à imiter seulement la couleur du fond sur lequel il se déplace mais, il peut en prendre la texture également. Le spécimen Thaumoctopus mimicus arrive même à prendre l’apparence d’un serpent de mer, d’une rascasse volante, d’une méduse, d’un poisson plat ou d’une anémone pour impressionner ses agresseurs ou surprendre ses proies.

Allez, histoire de s’amuser un peu, je vous propose un petit jeu !  Dans les images ci-dessous se cachent des petites créatures… Saurez-vous les retrouver avant de passer votre souris dessus ??? (Actualisez la page si certaines images fonctionnenet mal)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

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