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Plonger la nuit ? A la re-découverte de la Méditerranée !

Plonger la nuit c’est découvrir de nouvelles sensations. C’est aussi le moment choisi par de nombreuses espèces pour sortir de leur trou. Essayez et vous redécouvrirez la Grande Bleue !


Plonger la nuit pour voir l'oursin diadème !

Oursin diadème

Inquiétante et obscure. La nuit sous-marine n’est guère accueillante. Pourtant, dès lors que l’on surmonte ses angoisses aussi naturelles soient-elles, plonger la nuit permettra d’entrevoir un monde nouveau et inattendu . Et dans ce domaine, la Grande Bleue cache bien son jeu…

Bernard l'ermite et ses anémonesPlonger la nuit, c’est découvrir de nouvelles sensations. Bien souvent se traduisant d’abord par des angoisses. Faire abstraction de cette immensité noire, et se focaliser uniquement sur le cercle de lumière formé par son phare, n’est pas la chose la plus simple. Et l’on se laisse facilement surprendre par les ombres de gigantesques créatures de passage. Celles qui au final se trouvaient n’être que l’ombre d’un minuscule poisson ayant croisé le faisceau de lumière. A la première immersion nocturne, le bruit ambiant vous surprendra. Alors que l’on s’attend à un calme monacal, le monde du silence est envahi dès la nuit tombée, d’un crépitement intense. C’est l’activité de quantités de petits animaux nocturnes, au repos durant la journée, qui en est responsable. Ce sont essentiellement des espèces brouteuses, comme les crabes, crevettes, Bernard l’ermite et autres galathées, mais aussi certains poissons ou encore les oursins. L’intensité du bruit laisse imaginer qu’il y a bien du monde réveillé à ces heures tardives !

Plonger la nuit pour découvrir une nouvelle Méditerranée !

Les plongeurs qui franchissent le pas en Méditerranée seront rapidement surpris. Si vous pensiez « avoir tout vu », ça n’était peut-être sans compter sur l’effet de la nuit sur la vie sous-marine. Car dès les derniers rayons de soleil, les comportements changent petit à petit. Certaines espèces commencent à se faire oublier quand d’autres pointent à peine le bout de leur nez. Un des exemples les plus flagrants est le cas de la girelle, qui disparaît totalement pendant la nuit. Il est alors impossible de la voir ! Sous l’eau, on ne pense pas à ce que l’on ne voit pas (ou plus), même lorsqu’il s’agit de l’espèce la plus banale. En réalité, elle est là sous vos palmes… enfouie à quelques centimètres sous le sable qu’elle ne quittera qu’à l’aube. Si les choses marchent dans un sens, pourquoi pas dans l’autre ? En effet, à l’inverse de la girelle, beaucoup d’espèces ne sont visibles que la nuit.

La plongée de nuit pour voir de nouvelles espèces !

Poulpe à longs brasC’est le cas du poulpe tacheté (Callistoctopus macropus), si peu connu des plongeurs diurnes, et pourtant plutôt commun. De couleur rouge, parsemé de tâches blanches et muni de bras fins et interminables, il est une des curiosités de la nuit. Complètement inactif en journée, il sort la nuit pour chasser. Avec un peu de chance, vous rencontrerez aussi des calmars, qui remontent alors près de la surface et se rapprochent des côtes. Attirés par les phares, certains n’hésiteront pas à venir vous frôler. Le gros Bernard l’ermite trimballant son harem d’anémones est aussi une valeur sûre du monde de la nuit. Pataud, sous le poids de ses concubines protectrices, il évite en général les grandes balades de jour.

Chez les poissons, la différence entre le jour et la nuit est très marquée. Il est d’ailleurs amusant de les voir dormir. Certains le font en pleine eau comme les petites athérines. Complètement immobiles, on peut alors les approcher à quelques centimètres. Le crénilabre paôn opte plutôt pour un lit douillé, en se plaquant contre la roche au milieu des algues. Il adopte surtout une coloration beaucoup plus « marbrée » qu’en journée, lui conférant un camouflage parfait. Cousins proches des mérous, les serrans se couchent au creux des codiums « boule », ces algues aux aspects de béret basque. D’autres poissons sont en revanche beaucoup actifs, comme les rascasses qui vous accompagneront tout le long de la plongée tant elles sont nombreuses pendant la nuit. Et il n’est pas rare d’être surpris par une murène ou un congre, nageant près du fond à la recherche d’une proie. Les juvéniles choisissent également ce moment, moins risqué qu’en journée, pour apparaître. Daurades, sars, et autres chinchards, pas toujours évident à identifier. La mendole qui accompagne volontiers le plongeur au palier en journée, se pare alors d’une multitude de points de couleur bleu électrique.

La nuit, c’est aussi le bon moment pour découvrir quelques espèces emblématiques, que l’on observe plus rarement en journée. A commencer par l’oursin diadème de Méditerranée et ses piquants sans fin qui s’agitent volontiers. La grande cigale de mer, longtemps pêchée pour sa chair, sortira timidement de sa grotte. Ou encore la porcelaine livide, une espèce endémique à la Méditerranée, recouvrant sa coquille brillante de son manteau translucide. Ces trois espèces devenues rares sont désormais protégées en France.

Fouillez encore car les surprises semblent sans fin. Chaque recoin pourrait abriter un habitant de la nuit. Gorgones, éponges, anémones sont envahis d’aliens minuscules. Restez immobile un instant, et vous verrez apparaître une myriade d’êtres gesticulant devant votre phare… Si la chance vous sourit, peut-être tomberez-tomberez vous sur cette anémone magnifique, Alicia mirabilis, qui étend ses tentacules la nuit venue afin de récolter sa nourriture.

Plonger la nuit pour observer Alicia mirabilis

La plongée de nuit est une activité encore relativement marginale en France. L’intérêt des plongeurs pour cette pratique ne fait que grandir. Tout comme la plongée tek, bio ou épaves, ce pourrait être une spécialité à part entière. Profitez bien et quoi qu’il en soit soyez prudent !

Le BAC A SABLE de la plongée de nuit !

Il faut se rendre à l’évidence, les plongeurs n’aiment pas vraiment le sable. Pas de vie, pas d’intérêt… bref ennuyeux. Du moins en apparence. Car ce qui paraît n’être qu’un désert, abrite en réalité tout un monde. Et c’est surtout la nuit que le sable prend vie ! On y trouve une multitude d’espèces qui pour le coup sont quasi inexistantes en journée. A l’image des nombreux coquillages, enfouis de jour dans le sable, ils sortent pour se nourrir et se déplacer. On croise alors le superbe casque granuleux, le murex épineux ou encore la natice, laissant derrière eux un sillon dans le sable. Les étoiles de mer peigne sortent aussi bien plus volontiers. Une petite sépiole, proche cousine des seiches, vous fera peut-être son show de couleurs. On y trouve également quelques espèces de poissons peu connues par ici : le poisson lézard, très peu visible en journée, vous offrira son plus beau sourire… plein de dents. Le congre des Baléares lui, serpentent à la recherche de nourriture. Ce petit congre d’environ 40cm à la particularité de s’enfouir… en marche arrière ! Enfin, connaissez-vous le serpenton à long nez (Ophisurus serpens) ? Sans doute un des poissons les moins connus des plongeurs de Méditerranée. Pourtant ouvrez l’œil la nuit au-dessus du sable, vous pourriez le surprendre à l’entrée de sa tanière…

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