Biologie marine

La raie Manta n’existe plus !

La raie manta

Plonger aux côtés de la raie manta est un de vos plus merveilleux souvenirs subaquatiques. L’attente dans le bleu, l’approche tout en douceur de cet animal mythique, avec sa grâce légendaire, et cette sensation de voler avec elle est tout simplement inoubliable. Et bien je vous annonce avec une certaine émotion, que vous allez pouvoir continuer à profiter pleinement du spectacle lors d’un futur voyage. Mais désormais, il ne faudra plus l’appeler la raie manta ! Enfin si, ou du moins pas tout à fait… Allez je vous explique ce qui change.

Il ne fait pas de doute que la raie manta fait partie de ces animaux marins les plus emblématiques, ceux qui fascinent quantités de peuples de la mer depuis des siècles. Notamment en Polynésie où elle est souvent utilisée dans les traditionnels tatouages pour symboliser la liberté. Les navigateurs l’ont craint longtemps, car elle avait la réputation de faire sombrer les embarcations. Aux Tuamotu, la légende raconte qu’elle plaque les pêcheurs sous-marins sur le fond et les empêche de remonter vers la surface…

La raie manta a été décrite pour la première fois à la fin du 18ème siècle. C’est d’abord sous le nom unique de Manta birostris qu’elle fut connue, la raie manta géante ou océanique. Puis au 19ème, ce fut au tour de Manta Alfredi, la petite sœur quasi identique, appelée aussi raie manta récifale, car s’éloignant moins des côtes que M. birostris. Il était admis qu’au sein de la famille des Mobulidae, deux genres existaient, Manta (2 espèces) et Mobula (9 espèces). Mais une étude phylogénétique extrêmement aboutie vient de démontrer la pertinence de ne garder que le genre Mobula.

raie manta océanique

La raie manta océanique devient Mobula birostris

Manta birostris et Manta alfredi n’existent désormais plus. Et la raison en est simple. Après de longues études, les scientifiques ont prouvé que les deux représentants du genre Manta se trouvaient en réalité « coincés » au sein du genre Mobula d’un point de vue phylogénétique. Ces deux espèces ont plus de points communs avec Mobula mobular que cette dernière peut en avoir avec les autres espèces du genre Mobula. Ceci démontré (pour faire simple), l’existence du genre Manta n’avait plus lieu d’être. Manta birostris et Manta alfredi deviennent ainsi Mobula birostris et Mobula alfredi, et portent ainsi à 11 les espèces du genre Mobula. En réalité, se sont 8 espèces au final qui sont retenues, car sur les 11, 3 sont apparues comme étant des synonymes d’espèces déjà décrites plus tôt.

Quand au nom commun à utiliser pour ces deux espèces, n’ayez crainte. Mon titre était un peu radical, car bien que le genre Manta disparaisse, elles garderont leur nom de raie manta ! Le terme qui vient de l’espagnol et qui signifie « couverture » leur a été donné en raison de leur morphologie, et celui-ci n’a au final aucune raison de disparaître. Les raies manta sont inscrites en tant qu’espèces vulnérables sur la liste rouge de l’IUCN . Tout ce que l’on peut espérer, c’est que les protections mises en œuvre pour leur protection permettent de les protéger efficacement, afin que le titre de cet article ne deviennent pas un jour une réalité…

Et si vous souhaitez en savoir plus sur cette étude, voici le lien vers la publication officielle :

 

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