L’esprit de l’océan ! C’est la traduction de ces quelques mots polynésiens, Te mana o te moana. C’est également le nom d’une association basée à Moorea en Polynésie française, œuvrant pour la protection des tortues marines et bien entendu des océans.

C’est en 2004 que Cécile Gaspar, docteur vétérinaire, crée la structure dont elle devient présidente. La clinique des tortues voit alors le jour : le but est d’accueillir des tortues malades, blessées, ou souvent mutilées, victimes du braconnage, principale menace des tortues en Polynésie.

Ce sont près de 160 tortues qu’ont accueilli Cécile et son équipe, qui leur fournissent les soins médicaux adaptés afin de pouvoir les relâcher dans leur milieu naturel par la suite. Elles passent alors leur convalescence paisiblement dans un vaste enclos situé dans le lagon, où passent poissons perroquets, carangues et autres raies pastenagues.

Certaines doivent alors réapprendre à vivre avec leur handicap. C’est le cas notamment de Matapo, une tortue imbriquée retrouvée une flèche dans la tête, la rendant aveugle, d’où son nom (Matapo en polynésien signifie aveugle). C’est une des pensionnaires qui ne pourra jamais revivre en totale liberté, tout comme Tortilla, la vedette de la clinique : une poche d’air s’est formée sous sa carapace, ce qui l’empêche de plonger. Trop âgée, elle n’est pas assez forte pour être opérée. Son nom lui a été donné en raison de sa nage particulière : Tortilla effectue de grands tournoiements sous la surface, et semble en jouer devant l’objectif ! Pererau, une tortue olivâtre, a quand à elle été retrouvée avec de nombreuses blessures dont une nageoire sectionnée, certainement causées par un requin.

61 tortues ont ainsi pu être relâchées dans les eaux polynésiennes par Te mana o te moana.

La Polynésie accueille 5 des 7 espèces de tortues marines existant dans le monde : la tortue verte, la tortue imbriquée, la tortue olivâtre, la tortue caouanne, et la tortue luth. Elles sont toutes protégées par la convention de Washington.

Cécile et son équipe mènent également de nombreuses actions de recherches, de conservation, d’éducation et de communication en faveur de la protection de l’environnement marin. Fin octobre, la première relâche de tortue embarquant une balise argos sur sa carapace, a eu lieu au large de la baie d’Opunohu. Ceci, dans le but de mieux connaître leurs déplacements. J’ai eu la chance d’être à l’eau pour filmer le retour à la liberté de Tini pour l’association, malgré une mer un peu agitée !

L’équipe se déplace également sur les atolls afin de recenser les sites majeurs de pontes, et fait des prélèvements de peau  afin d’étudier la génétique des populations.

Te mana o te moana est une association Loi 1901 à but non lucratif, reconnue d’intérêt général, agréée Environnement et membre de l’IUCN.

Retrouvez l’association Te mana o te moana sur leur site internet www.temanaotemoana.org !

 

Retrouvez cet article également dans Le Mag de Scuba People et dans Chercheurs d’eau

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