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Grande nacre de Méditerranée : va t-on assister à sa disparition ?

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Pôle de biodiversité, la mer Méditerranée est riche de nombreuses espèces dont certaines sont emblématiques. A la fois par leur intérêt écologique, leur rareté, leur endémisme parfois, ou encore l’attrait qu’elles ont pu susciter au cours de l’histoire… La grande nacre, Pinna nobilis, fait largement partie de ces espèces privilégiées. Et malheureusement, celle-ci est en grand danger face au réveil d’un parasite dévastateur. La question se pose déjà… Va t-on assister à la disparition de la Grande Nacre de Méditerranée ?

C’est le plus grand coquillage de Méditerranée. Avec ses grandes valves qui peuvent atteindre jusqu’à 1,20 de hauteur, la grande nacre est aussi l’un des plus grands au monde, derrière le grand bénitier.

Ce sont justement ces valves dont l’intérieur est recouvert d’une précieuse nacre qui ont dans un premier temps mené à la raréfaction de l’espèce. Utilisée depuis l’Antiquité pour la fabrication d’objets de luxe (peignes à cheveux, boutons de chemise, ornementation de meubles, etc…), le mollusque a été récolté durant des siècles. Il paraitrait même que son byssus, filaments que l’animal fabrique pour s’ancrer solidement dans le sable, aurait servi à la fabrication de la Toison d’Or. Mais la grande nacre se reproduit et grandit lentement. Très lentement. Il faut des dizaines d’années pour qu’un individu atteigne une bonne taille. Alors face à la quasi disparition de l’espèce, Pinna nobilis a été totalement protégée depuis 1992 (aussi bien vivante que morte, la collecte, la destruction, le commerce en sont totalement interdits).

En quelques décennies, les populations se sont ainsi reconstituées, repeuplant les fonds marins de nos côtes. Et lorsque les individus grandissent, il sont plus prolifiques en terme de reproduction.  Les jeunes nacres se sont retrouvées de plus en plus nombreuses, signe d’une bonne dynamique de reproduction. C’est une chose importante, car dans le lot seules quelques unes arrivent à échapper aux prédateurs (comme les poulpes) et deviennent adultes.

Quand un parasite s’attaque à la grande nacre…

En 2016, de nombreuses nacres mortes (qui se repèrent par des coquilles vides, ouvertes, et surtout souvent recouvertes d’algues), ont été repérées notamment sur les côtes espagnoles, sonnant l’alerte auprès de la communauté scientifique. Les premières études mettaient en évidence en 2018 un parasite nommé Haplosporidium pinnae. Celui-ci vit dans cavité gastrique du mollusque bivalve, l’empêchant de se nourrir correctement et menant ainsi à sa mort.

La Ciotat – Une grande nacre (Pinna nobilis) morte couchée sur le sable.

En quelques mois, le littoral français est touché, puis l’Italie, la Corse, la Sardaigne et même jusqu’en Grèce. Il semble que les épisodes de “canicules” marines de plus en plus fréquentes soient favorables à ce parasite. Seules les eaux fraiches semblent le stopper.

En Corse par exemple, Nardo Vicente, Professeur émérite d’Océanologie, explique que les nacres de la Réserve de Scandola, où elles étaient nombreuses et en pleine santé, ont été totalement décimées.

Sausset-les-Pins – Côte-Bleue – France

Sausset-les-Pins – Côte-Bleue – France

Désormais, rares sont les nacres encore vivantes, du moins dans les quarante premiers mètres sous la surface. C’est une véritable hécatombe. Quand elles ne sont pas tombées dans le sable, elle servent parfois de refuge à certaines espèces de poissons :

L’avenir de la Grande Nacre semble s’assombrir et avec l’été qui vient et les températures toujours plus chaudes d’année en année, le pire est à craindre. La disparition de l’espèce serait une catastrophe en terme de patrimoine, mais aussi en terme d’écologie. Et elle impliquerait également la disparition d’autres espèces liées, comme la petite crevette qui vit à l’intérieur de l’animal, Pontonia pinnophylax.

Espérons que la Nature se fera ingénieuse pour préserver ces espèces que l’on a vraiment pas envie de voir disparaître…

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2 commentaires

Franck & compagnie 5 avril 2019 - 17:50
Bonjour Anthony,

Effectivement, je confirme.
Nous avons plongés à plusieurs reprises et à un an d’intervalles dans la réserve de Banyuls ainsi qu’en Catalogne. Nous avons remarqué une diminution (au jugé) du nombre de spécimens vivant. La Catalogne semblait mieux fourni en nombre d’individus. Par contre on en trouve à une profondeur assez faible, de l’ordre de 7m, que ce soit à Banyuls ou en Espagne, mais dépassant rarement les 50cm.
L’heure est grave, en effet.
Merci pour cette article très intéressant.
Franck.

Reply
Anthony LEYDET... Plongeur bio 24 mai 2019 - 15:06
Merci Franck, c’est très intéressant d’avoir des témoignages comme celui-ci ! N’hésitez pas à nous en dire plus sur l’évolution du côté de Banyuls !
Reply

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