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Nudibranches : 12 infos pour les connaître !

Nudibranches 12 infos pour les connaître !

En temps normal, lorsque l’on prononce le mot limace, il en résulte plutôt dégoût et antipathie à l’idée de penser à cette petite masse visqueuse. Pourtant, dès que l’on passe sous la surface de la mer, les choses sont bien différentes. Des limaces de mer, appelées nudibranches, sont de véritables bijoux colorés et attirent une grande partie des plongeurs et plongeuses du monde entier. Si vous n’en avez jamais vu, vous tomberez sous leur charme et chercherez à en voir plus. Je vous donne ici 12 infos qui vous permettront de mieux connaître le monde des nudibranches !

1. Les nudibranches sont des mollusques !

Ils appartiennent en effet à l’embranchement des Mollusques dans la classification du vivant. Plus précisément, ils font partie de la Classe des Gastropodes, Sous-Classe des Opistobranches (les limaces de mer) et enfin, Ordre des Nudibranches.

2. Les nudibranches sont des limaces de mer

MAIS… l’inverse n’est pas forcement vrai ! Et l’erreur est véhiculée un peu partout, que ce soit dans certains bouquins et sur bon nombre de sites internet. Si les nudibranches forment une « famille » au sein des limaces de mer , toutes les limaces de mer (« seaslug » en anglais) ne sont pas des nudibranches.

Voici quelques exemples de limaces de mer qui ne sont pas des nudibranches :

Une autre erreur est également courante concernant les verts plats (planaires), qui en raison de leurs couleurs sont souvent confondus avec les nudibranches :

Vers plat bleu de Méditerranée

CECI N’EST PAS UN NUDIBRANCHE, MAIS UN VER PLAT !

3. L’éthymologie

Le terme nudibranche est expliqué tout simplement par la morphologie de ces animaux. « Nudus » signifie « nu » en latin, tandis que « brankhia » qui vient du grec ancien fait référence aux branchies. Les deux termes signifiant ensemble « branchies nues ». Ces limaces de mer ont en effet la particularité de disposer de branchies ou de papilles, non protégées, permettant la respiration. Seules certaines espèces, comme par exemple celles de la famille des Phyllidiidae, ont des branchies qui sont positionnées sous le manteau, donc invisibles lorsque l’animal est vu par-dessus.

4. Plus de 3000 espèces

Leur succès auprès des plongeurs vient en partie du fait qu’ils représentent un groupe immensément diversifié avec actuellement plus de 3000 espèces connues ! Et c’est très certainement des centaines voire des milliers d’autres encore inconnues.

Leur taille varie de quelques millimètres pour les plus petits, à plusieurs dizaines de centimètres pour les plus grands (la danseuse espagnole Hexabranchus sanguineus peut atteindre 60cm !). Arborant à peu près toutes les palettes de couleurs et de motifs imaginables, ils font le bonheur des photographes sous-marins, et représentent toujours un challenge. On a toujours l’envie d’en dénicher de nouveaux !

5. 2 types principaux de nudibranches

Lorsque vous rencontrerez des nudibranches, il y a de fortes chances qu’ils soient de type « doridien » ou « éolidien ». Ce sont en effet les deux types les plus répandus.

Les doridiens sont facilement reconnaissables grâce à leur panache de branchies disposé autour de l’anus, sur la face dorsale.

Les éolidiens, sont pourvus de papilles dorsales appelées « cérates », permettant d’augmenter la zone d’échange gazeux car ces espèces ont une respiration cutanée.

6. Une vie de courte durée

Les nudibranches ont une durée de vie réduite : quand la plupart vivent à peine quelques semaines, certaines espèces peuvent vivre environ une année.

7. Une reproduction optimisée

Etant des animaux extrêmement lents, qui ne peuvent de fait pas se déplacer loin, et avec une espérance de vie courte, l’optimisation du succès de reproduction est primordial pour pérenniser la succession. Ainsi, les nudibranches sont tous hermaphrodites et possèdent les appareils génitaux mâle et femelle simultanément. Deux individus qui se croisent vont alors s’accoupler, en position tête-bêche, et échangeront chacun leurs gamètes mâles. Ils déposeront par la suite des pontes rubanées sur le substrat.

Reproduction des nudibranches

Reproduction des nudibranches

8. Les rhinophores

Les nudibranches ont une vision très basique, et ne peuvent en réalité que percevoir des nuances de lumières et d’ombres. Ils ne sont pourtant pas handicapés par ce manque, car ils ont développé d’autres organes sensoriels. Leur vision du monde est ainsi assurée par leurs rhinophores, ces deux extensions qu’ils portent sur leur tête, et qui possèdent des récepteurs chimiques. Ils leur permettent de détecter notamment la nourriture et d’autres individus. En cas de danger, ils ont la possibilité de rétracter leurs rhinophores pour les protéger !

9. Quand les nudibranches puisent l’énergie solaire

Aussi surprenant que cela puisse paraître, certaines espèces de nudibranches sont capables de stocker des algues photosynthétiques à l’intérieur de leur corps (par exemple les zooxanthelles que l’on retrouve chez les coraux). Grâce à cette symbiose, les algues fournissent de l’énergie qui est utilisée par leur hôte. Ce sont des nudibranches qui vivent assez proche de la surface, afin de profiter au maximum de la lumière du soleil.

Phyllodesmium briareum

Ce nudibranche stocke des algues photosynthétiques pour en utiliser l’énergie produite !

10. Quand les nudibranches stockent du poison

Les éolidiens sont connus pour stocker dans leurs cérates, des cellules urticantes venant de la nourriture avalée ! En effet, ces nudibranches consomment des cnidaires, et en particuliers les hydraires comme on peut le voir sur cette photo :

En faisant cela, les cellules urticantes procurent à leur hôte un moyen de défense envers les prédateurs potentiels, en les rendant toxiques et urticants ! En revanche, aucun risque pour l’être humain.

11. Mucus « connected » !

Comme les limaces terrestres dont ils sont proches (bien qu’ils ne soit pas l’équivalent aquatique), les nudibranches laissent derrière eux une trainée de mucus, lorsqu’ils se déplacent à l’aide de leur pied musculeux. C’est grâce à ce mucus, qu’ils peuvent par exemple entrer en contact les uns avec les autres, en remontant la piste d’un congénère. Il semblerait qu’ils puissent également y « laisser des messages » d’alerte afin d’avertir les semblables en cas de danger !

12. Où voir des nudibranches ?

Observer des nudibranches est quelque chose de facile dès lors que vous êtes plongeur ! En réalité, c’est à peu près dans presque toutes les mers et océans de la planète qu’ils sont présents. Bien qu’ils puissent vivre à de très grandes profondeurs, la grande majorité des espèces se trouvent dans les premières dizaines de mètres sous la surface. En Méditerranée, on en trouve plusieurs dizaines d’espèces dont la plupart sont très colorés. Le meilleur endroit pour en voir le plus reste dans aucun doute l’Asie du Sud-Est, notamment l’Indonésie et les Philippines !

Le meilleur moyen de les trouver est de vous munir d’un éclairage, qui permettra de révéler leurs couleurs. Vous les verrez ainsi beaucoup mieux. Si votre vue n’est pas aussi perçante que celle du lynx, emportez avec vous une loupe. Vous pourrez alors en profitez pleinement !

J’espère que vous serez désormais incollable sur les nudibranches… Bonne chasse à tous !

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