La raie pastenague à points bleus, vagabonde des récifs coralliens

par Anthony LEYDET... Plongeur bio
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La raie pastenague à points bleus, vagabonde des récifs coralliens

Habitués des fonds coralliens d’Asie, de l’Océan Indien ou de Mer Rouge, vous l’avez forcément rencontrés à maintes reprises. La raie pastenague à points bleus (Taeniura lymma) est l’une des espèces que l’on aime à coup sûr croiser dans les jardins des mers chaudes, en ne laissant aucun plongeur indifférent. Alors voici de quoi mieux la connaître !

Tout savoir sur la raie pastenague à points bleus

Les récifs coralliens, d’autant plus lorsqu’ils sont en bonne santé, sont toujours le théâtre d’une vie marine débordante, et animée. Les poissons virevoltent aux quatre coins du récif et une nouvelle espèce apparait sous nos yeux à chaque coup de palme. Parfois, c’est le sable qui prend vie, car ce désert n’en a que l’apparence. Une multitude d’espèces y vivent. Comme cette magnifique raie de couleur ocre, aux reflets d’or, et parsemée de tâches bleues électriques. La présence de cette habituée des fonds de la Mer Rouge, et de tout l’Indo-Pacifique, est toujours appréciée des plongeurs qui se plaisent à l’observer. La voici qui passe à toute allure, agitant ses ailes à quelques centimètres au-dessus du sable, rarement au-delà de 30m de profondeur. Avant de s’arrêter en quête d’une petite proie enfouie dans le sable.

C’est un animal plutôt solitaire durant la journée, où il est très rare d’en observer deux ensembles. La nuit, plusieurs individus peuvent se regrouper et rentrer dans les lagons peu profonds à la marée montante, pour rechercher de la nourriture. La reproduction a lieu à la fin du printemps. Comme chez les requins, le mâle et la femelle s’accouplent. Celle-ci donnera naissance à sept petites raies au maximum, dont la taille du disque est d’environ 14cm de diamètre. Les seuls prédateurs vraiment connus de cette espèce sont les requins-marteaux et les dauphins du genre Tursiops.

Une raie pastenague à points bleus (Taeniura lymma) posée sur le sable en Mer Rouge
  • Un corps ovale : avec un corps ovale, très aplati, pouvant atteindre environ 35cm de diamètre, cette petite espèce de raie peut atteindre 80cm de long (queue comprise) et 5 kg.
  • Une queue fine et longue : dans l’allongement du corps, une queue s’allonge sur une longueur dépassant celle du corps. Plus trapue à la base, elle devient de plus en plus fine à son extrémité.
  • Une arme redoutable : à la base de la queue se trouve un aiguillon venimeux, principal moyen de défense de l’animal. Celui-ci peut infliger de sérieuses blessures, et le venin est très douloureux pour l’homme, voire mortel.
  • Des yeux en hauteur : Aplatie sur le sable, la partie la plus en hauteur du corps sont les yeux. L’animal a ainsi une meilleure vision, et peut également laisser ses yeux dépasser lorsqu’elle s’enfouit dans le sable.
  • Respiration adaptée : à l’inverse des raies pélagiques, cette espèce aspire l’eau par les évents situés au-dessus du corps, près des yeux. Elle sera ensuite expirée en-dessous par les fentes branchiales. Ce système respiratoire permet ainsi de ne pas absorber le sable.
  • Ovovivipare : avec ce mode de reproduction, les œufs éclosent à l’intérieur d’un utérus, et se développent en grande partie en absorbant leur réserve vitelline.
  • Étymologie : le genre Taeniura (du grec « tainia » et « oura ») fait référence à la forme de la queue de l’animal, rappelant celle d’un ruban.

Comment les raies pastenagues détectent-elles leurs proies ?

A l’image des Elasmobranches dont elles font partie, les raies sont dotées d’un sens dont peu le sont dans le règne animal. Et comme les requins, elles sont capables de détecter les champs électromagnétiques produits par les êtres vivants. Cette capacité d’électro-réception est rendue possible grâce à des organes sensoriels appelés « Ampoules de Lorenzini ». Il s’agit d’un canal rempli d’une gelée électro-conductrice, dont le fond est pourvu d’une multitude de cellules électro-réceptrices. Ces canaux arrivent à la surface de la peau sous la forme d’un pore. Ce sont ces petits points noirs que l’on observe facilement sur le museau des requins. Ils permettent ainsi à ces animaux de détecter l’activité électrique d’un animal par exemple enfoui dans le sable. Ces signaux électriques sont produits par la contraction des muscles, et chaque mouvement musculaire peut ainsi être décelé par les raies. En se déplaçant sur le sable, comme un détecteur de métaux, l’animal peut même repérer le simple battement du cœur d’une proie, à condition de passer assez près (quelques dizaines de centimètres au maximum). Ces organes sont également capables de détecter les gradients de température et pourraient ainsi servir à la navigation.

La raie pastenague à points bleus est-elle menacée ?

La raie pastenague à points bleues ne bénéficie pas de protection de l’espèce. Elle est néanmoins sur la liste rouge de l’IUCN, qui la classe comme « Quasi menacée ». Elle est assez commune dans sa zone de répartition, mais comme beaucoup d’autres, la plus grande menace qui pèse sur cette espèce est la destruction de son milieu, à savoir les récifs coralliens. La pêche pour la consommation ne met en péril les populations de raies que localement, car l’espèce n’est pas ciblée par les pêcheurs sur toute son aire de répartition. Par contre, il s’agit d’une des espèces de raies les plus appréciées des aquariophiles, même s’il est rare de pouvoir conserver des individus longtemps en aquarium.

J’ai écrit cet article pour la magazine PLONGEZ! N°24 Nov-Dec 2019

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